Dérivée de arctan(u) : formule générale, démonstration et exemples pratiques

Nathan Jégou

mai 7, 2026

🚀 En Bref : La Dérivée de arctan(u)

Formule essentielle : Si \( f(x) = \arctan(u(x)) \), alors sa dérivée est \( f'(x) = \dfrac{u'(x)}{1 + [u(x)]^2} \).

Cas simple : Pour \( \arctan(x) \), la dérivée est \( \dfrac{1}{1+x^2} \).

Points-clés :

  • La fonction est dérivable sur tout \( \mathbb{R} \).
  • Le signe de la dérivée suit celui de \( u'(x) \).
  • La principale erreur ? Oublier les parenthèses autour de \( u \) dans le dénominateur.

Si vous êtes ici, c’est probablement que cette formule vous résiste un peu, ou que vous voulez simplement la comprendre sur le bout des doigts pour l’appliquer sans hésitation. C’est exactement l’objectif de cet article : transformer ce qui peut sembler abstrait en un outil de calcul fiable et intuitif. Commençons sans plus tarder par le cœur du sujet.

La formule et son explication immédiate

La dérivée de la fonction arctangente composée est l’une des plus élégantes et des plus simples à retenir parmi les fonctions trigonométriques inverses. La voici, dans sa généralité :

\[ \frac{d}{dx}[\arctan(u(x))] = \frac{u'(x)}{1+[u(x)]^2} \]

Décortiquons les éléments :

  • 🎯 \( u(x) \) : C’est la fonction « intérieure », l’argument de votre arctangente. Cela peut être \( x \), \( 2x \), \( x^2+1 \), ou n’importe quelle fonction dérivable.
  • 🎯 \( u'(x) \) : C’est la dérivée de cette fonction intérieure. C’est le numérateur de notre formule.
  • 🎯 \( 1+[u(x)]^2 \) : C’est le dénominateur. Il est toujours positif, quelle que soit la valeur de \( u(x) \). C’est ce qui garantit que la fonction arctan est dérivable partout sur \( \mathbb{R} \).

Dans le cas où \( u(x) = x \) (la fonction la plus simple), on a \( u'(x)=1 \). La formule se simplifie alors en la dérivée fondamentale que vous retrouverez dans tous les tableaux :

\( \dfrac{d}{dx}[\arctan(x)] = \dfrac{1}{1+x^2} \)

Pourquoi cette formule ? Une démonstration intuitive

Plutôt qu’une démonstration formelle lourde, voici le raisonnement clé qui permet de retrouver la formule si jamais un trou de mémoire survient en plein contrôle. On utilise la dérivation d’une fonction réciproque.

  • On pose \( y = \arctan(u) \). Par définition, cela équivaut à \( u = \tan(y) \).
  • On dérive implicitement les deux côtés de \( u = \tan(y) \) par rapport à \( x \) :
    \( u’ = (1+\tan^2(y)) \cdot y’ \) (car la dérivée de \( \tan(y) \) est \( 1+\tan^2(y) \)).
  • On sait que \( \tan(y) = u \), donc \( 1+\tan^2(y) = 1+u^2 \).
  • L’équation devient \( u’ = (1+u^2) \cdot y’ \).
  • On isole \( y’ \) : \( y’ = \dfrac{u’}{1+u^2} \). CQFD.

Cette méthode, basée sur la relation entre une fonction et sa réciproque, est un outil puissant que vous pouvez réutiliser pour les autres fonctions cyclométriques (arcsin, arccos).

Applications pratiques : exemples pas à pas

Passons à la pratique. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et en dérivant qu’on devient bon en calcul.

Exemple 1 : Dérivée de \( \arctan(2x) \)

  • Étape 1 : Identifier \( u(x) = 2x \). Donc \( u'(x) = 2 \).
  • Étape 2 : Appliquer la formule bêtement : \( \frac{u’}{1+u^2} = \frac{2}{1+(2x)^2} \).
  • Étape 3 : Simplifier le dénominateur : \( 1+(2x)^2 = 1+4x^2 \).

💡 Résultat final : \( \dfrac{d}{dx}[\arctan(2x)] = \dfrac{2}{1+4x^2} \)

dérivée arctan u

Exemple 2 : Dérivée de \( \arctan(\sqrt{x}) \)

  • Étape 1 : \( u(x) = \sqrt{x} = x^{1/2} \). Donc \( u'(x) = \frac{1}{2}x^{-1/2} = \frac{1}{2\sqrt{x}} \).
  • Étape 2 : Appliquer la formule : \( \frac{u’}{1+u^2} = \frac{\frac{1}{2\sqrt{x}}}{1+(\sqrt{x})^2} \).
  • Étape 3 : Simplifier : \( (\sqrt{x})^2 = x \). Le dénominateur devient \( 1+x \).

💡 Résultat final : \( \dfrac{d}{dx}[\arctan(\sqrt{x})] = \dfrac{1}{2\sqrt{x}(1+x)} \)

Pièges à éviter et astuce de vérification

⚠️ Attention au piège classique !

La plus grande source d’erreur est l’oubli des parenthèses lors du calcul du dénominateur \( 1+u^2 \).

FAUX : Pour \( \arctan(2x) \), écrire \( 1+2x^2 \).
VRAI : Il faut écrire \( 1+(2x)^2 = 1+4x^2 \).

Le carré s’applique à TOUT l’argument \( u \), pas seulement à la variable \( x \). Votre calculatrice scientifique, en mode algébrique, vous le fera remarquer si vous lui demandez de tracer la fonction dérivée.

Astuce de pro (vérification rapide) : Si vous avez une calculatrice graphique (TI, Casio, NumWorks), utilisez la fonction de dérivation numérique ou le tracé de la fonction dérivée. Pour \( \arctan(2x) \), définissez
– F1 = arctan(2x)
– F2 = d(F1(x))/dx (ou l’équivalent sur votre modèle)
– F3 = 2/(1+4x^2)
Si les courbes de F2 et F3 se superposent parfaitement, c’est gagné !

Comparaison avec les autres fonctions trigonométriques inverses

Il est utile de contextualiser la dérivée de l’arctangente en la comparant à celles de l’arcsinus et de l’arccosinus. Cela fait ressortir sa particularité : un domaine de dérivabilité sans restriction.

Fonction \( f(x) \) Dérivée \( f'(x) \) Domaine de dérivabilité Particularité
\( \arcsin(u(x)) \) \( \dfrac{u'(x)}{\sqrt{1-[u(x)]^2}} \) \( -1 < u(x) < 1 \) Dénominateur avec racine, domaine restreint.
\( \arccos(u(x)) \) \( -\dfrac{u'(x)}{\sqrt{1-[u(x)]^2}} \) \( -1 < u(x) < 1 \) Signe négatif devant.
\( \arctan(u(x)) \) \( \dfrac{u'(x)}{1+[u(x)]^2} \) \( \mathbb{R} \) (tout réel) Dénominateur toujours positif, pas de restriction.

Ce tableau met en lumière pourquoi l’arctangente est souvent privilégiée dans les calculs d’intégration ou les études de fonctions : on n’a pas à se soucier des problèmes de domaine liés à la racine carrée.

Arctan et tan⁻¹, est-ce exactement la même chose ?

Oui, tout à fait. La notation \( \arctan(x) \) et \( \tan^{-1}(x) \) désignent la même fonction : la fonction réciproque de la tangente sur l’intervalle \( ]-\pi/2, \pi/2[ \). Il est important de ne pas confondre \( \tan^{-1}(x) \) avec \( (\tan(x))^{-1} = 1/\tan(x) = \cotan(x) \). Cette ambiguïté potentielle explique pourquoi la notation \( \arctan \) est souvent préférée dans l’enseignement français pour plus de clarté. Pour en savoir plus sur les conventions de notation, vous pouvez consulter cette ressource universitaire.

Quelle est la dérivée de arctan(1/x) ?

Pour dériver \( \arctan(1/x) \), on applique la formule avec \( u(x) = 1/x = x^{-1} \). On a donc \( u'(x) = -1/x^2 \). En appliquant la formule \( u’/(1+u^2) \), on obtient : \( \frac{-1/x^2}{1 + (1/x)^2} \). Il faut ensuite simplifier l’expression en multipliant le numérateur et le dénominateur par \( x^2 \) : \( \frac{-1}{x^2 + 1} \). Ainsi, \( \frac{d}{dx}[\arctan(1/x)] = -\frac{1}{1+x^2} \), pour \( x \neq 0 \). On remarque que c’est l’opposé de la dérivée de \( \arctan(x) \). Une démonstration pas à pas est disponible sur Dim Math Innov.

Pourquoi la dérivée de arctan(x) est-elle définie sur tout R alors que arctan(x) a des asymptotes ?

C’est une excellente observation qui met en lumière une nuance cruciale. La fonction \( \arctan(x) \) a bien des asymptotes horizontales en \( y = \pm \pi/2 \) lorsque \( x \) tend vers \( \pm \infty \). Cependant, cela ne signifie pas qu’elle n’est pas dérivable. La dérivée, \( 1/(1+x^2) \), mesure la pente de la tangente. Lorsque \( x \) devient très grand, la fonction \( \arctan(x) \) monte de moins en moins vite, sa pente tend vers 0. C’est exactement ce que montre la dérivée : \( 1/(1+x^2) \) tend vers 0. Ainsi, la fonction est parfaitement « lisse » et dérivable sur tout \( \mathbb{R} \), même si elle se rapproche de plus en plus d’une ligne horizontale. Sa croissance devient simplement infinitésimale. La preuve de sa dérivabilité sur R est expliquée ici.

Quelle est l’erreur la plus fréquente quand on calcule cette dérivée ?

Sans conteste, l’erreur la plus répandue est une erreur de parenthèses dans le dénominateur. Les étudiants écrivent souvent \( 1 + u^2 \) en pensant « 1 plus u au carré », mais oublient que si \( u \) est une fonction comme \( 2x \) ou \( x+1 \), il faut impérativement calculer \( (u(x))^2 \). Par exemple, pour \( \arctan(2x) \), la dérivée correcte est \( \frac{2}{1+(2x)^2} = \frac{2}{1+4x^2} \). L’erreur serait d’écrire \( \frac{2}{1+2x^2} \), ce qui est faux. Cette vigilance est primordiale. Des exercices corrigés mettant en garde contre ce point sont disponibles sur Mathenvideo.

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