ln(1 – x²) : définition, domaine, dérivée et développement en série expliqués

Nathan Jégou

mai 27, 2026

📘 Ce qu’il faut retenir sur ln(1-x²)

Définition & Domaine : La fonction \( f(x) = \ln(1 – x^2) \) n’existe que sur l’intervalle ouvert ]-1, 1[. En dehors, l’argument du logarithme devient négatif ou nul.

Comportement clé : Elle est concave (toujours « tournée vers le bas »), s’annule en 0 et tend vers -∞ quand x s’approche de 1 ou -1.

Outils principaux : Sa dérivée est \( f'(x) = \frac{-2x}{1 – x^2} \). Pour les calculs approchés, on utilise son développement en série : \( -x^2 – \frac{x^4}{2} – \frac{x^6}{3} – \cdots \).

Applications : Résolution d’équations, calculs de limites, intégration. Une astuce utile : la factoriser en \( \ln[(1-x)(1+x)] \).

Décortiquer la fonction ln(1-x²) : domaine, dérivée et astuces de calcul

Vous tombez souvent sur \( \ln(1 – x^2) \) en exercice et vous avez un doute sur son domaine de définition ? Vous cherchez à la dériver rapidement ou à l’évaluer numériquement sans votre calculatrice ? Vous êtes au bon endroit. En tant que spécialiste des outils de calcul, je vais vous guider à travers cette fonction pas à pas, en allant à l’essentiel comme je le fais sur les forums.

Cette fonction, qui combine logarithme et polynôme, est un classique. Mais elle cache quelques pièges, notamment sur son intervalle de validité. Nous allons tout explorer : son domaine, ses variations, ses représentations en série pour les calculs, et je vous donnerai même quelques astuces « hors manuel » que j’ai glanées au fil de mes tests.


Le domaine de définition : la condition absolue

La toute première chose à vérifier, c’est où la fonction existe. Le logarithme népérien ln(u) n’est défini que pour u > 0. Ici, \( u = 1 – x^2 \).

La condition se résume donc à :

\[ 1 – x^2 > 0 \]

Ce qui équivaut à \( x^2 < 1 \), soit \( |x| < 1 \). Le domaine de \( f(x) = \ln(1 – x^2) \) est donc l’intervalle ouvert ]-1, 1[.

💡 Astuce visuelle : Pour retenir le domaine, pensez simplement que x ne doit pas atteindre ou dépasser 1 en valeur absolue. Dès que \( x = 1 \) ou \( x = -1 \), l’intérieur du logarithme vaut zéro, et \( \ln(0) \) n’est pas défini dans les réels. Quand \( |x| > 1 \), l’intérieur devient négatif, c’est interdit aussi.

Aux bornes de cet intervalle, la fonction tend vers l’infini négatif :

\[ \lim_{x \to 1^-} \ln(1 – x^2) = -\infty \quad \text{et} \quad \lim_{x \to -1^+} \ln(1 – x^2) = -\infty \]

En revanche, au centre de l’intervalle, en \( x = 0 \), on a \( f(0) = \ln(1) = 0 \). C’est un point de référence important.

ln 1 x 2

Étude complète : dérivées et allure de la courbe

Maintenant qu’on sait où la fonction vit, étudions son comportement. Pour connaître ses variations et sa forme, on calcule ses dérivées.

Dérivée première et sens de variation

On applique la formule de la dérivée d’une composée : \( (\ln(u))’ = \frac{u’}{u} \). Avec \( u = 1 – x^2 \) et \( u’ = -2x \).

\[ f'(x) = \frac{-2x}{1 – x^2} \]

Le signe de \( f'(x) \) dépend uniquement de celui du numérateur \( -2x \), car le dénominateur \( 1 – x^2 \) est toujours positif sur ]-1, 1[ (c’est justement notre condition d’existence).

  • 🔹 Pour \( x < 0 \) : \( -2x > 0 \), donc \( f'(x) > 0 \). La fonction est croissante sur ]-1, 0[.
  • 🔹 Pour \( x = 0 \) : \( f'(0) = 0 \). C’est un point critique.
  • 🔹 Pour \( x > 0 \) : \( -2x < 0 \), donc \( f'(x) < 0 \). La fonction est décroissante sur ]0, 1[.

Ainsi, \( x=0 \) est un maximum absolu. La valeur en ce point est \( f(0) = 0 \).

Dérivée seconde et concavité

Pour affiner le tracé, calculons la dérivée seconde. En dérivant \( f'(x) = -2x \times (1 – x^2)^{-1} \), on trouve (après simplification) :

\[ f »(x) = \frac{-2(1 + x^2)}{(1 – x^2)^2} \]

Analysons cette expression :

– Le numérateur \( -2(1 + x^2) \) est toujours négatif (car \( 1+x^2 > 0 \)).
– Le dénominateur \( (1 – x^2)^2 \) est toujours positif (un carré).

Conclusion : \( f »(x) < 0 \) sur tout l’intervalle ]-1, 1[. La courbe représentative de \( f \) est donc concave (tournée vers le bas) sur tout son domaine. Cette information est précieuse pour un tracé précis à main levée.

📊 Récapitulatif du comportement de f(x)

Intervalle Signe de f'(x) Variation de f Concavité (f »)
]-1, 0[ + Croissante < 0 (Concave)
x = 0 0 Maximum (0) < 0
]0, 1[ Décroissante < 0 (Concave)

Le développement en série de Maclaurin : votre allié pour les calculs

Parfois, on a besoin d’une valeur approchée de \( \ln(1 – x^2) \) pour un \( x \) petit, ou on doit intégrer cette fonction dans un contexte plus large. C’est là que le développement en série devient un outil formidable. Il permet d’approximer la fonction par une somme de puissances de x, beaucoup plus simple à manipuler algébriquement.

On part du développement connu, valable pour \( |u| < 1 \) :

\[ \ln(1 – u) = -\sum_{n=1}^{\infty} \frac{u^n}{n} = -u – \frac{u^2}{2} – \frac{u^3}{3} – \frac{u^4}{4} – \dots \]

Il suffit de poser \( u = x^2 \). Attention, la condition devient \( |x^2| < 1 \), c’est-à-dire encore \( |x| < 1 \), ce qui correspond parfaitement à notre domaine ! On obtient :

\[ \ln(1 – x^2) = -\sum_{n=1}^{\infty} \frac{(x^2)^n}{n} = -\sum_{n=1}^{\infty} \frac{x^{2n}}{n} \]

En écrivant les premiers termes, cela donne :

\[ \boxed{ \ln(1 – x^2) = -x^2 – \frac{x^4}{2} – \frac{x^6}{3} – \frac{x^8}{4} – \frac{x^{10}}{5} – \cdots } \]

Cette série est convergente pour tout x dans ]-1, 1[. Plus x est proche de 0, moins il faut de termes pour une bonne précision.

🧮 Exemple pratique d’approximation
Calculons \( \ln(1 – 0.1^2) = \ln(0.99) \).
Avec la série : \( -(0.1^2) – \frac{(0.1^4)}{2} – \frac{(0.1^6)}{3} = -0.01 – 0.00005 – 0.000000333… \approx -0.010050333 \).
La valeur donnée par une calculatrice est environ \( -0.010050336 \). Avec seulement 3 termes, on a déjà une précision excellente à 10⁻⁸ près !

Lien avec d’autres développements utiles

Il est intéressant de noter la proximité avec le développement de \( \ln(1+x) \), bien connu :

\[ \ln(1+x) = \sum_{n=1}^{\infty} (-1)^{n+1} \frac{x^n}{n} = x – \frac{x^2}{2} + \frac{x^3}{3} – \frac{x^4}{4} + \cdots \quad (\text{pour } |x| < 1) \]

Notre fonction \( \ln(1 – x^2) \) peut aussi être vue comme la somme \( \ln(1-x) + \ln(1+x) \), ce qui ouvre la voie à d’autres manipulations algébriques intéressantes pour résoudre certains types d’intégrales ou de limites.


Applications concrètes : résolution et astuces de calcul

Résoudre une équation du type ln(1-x²) = k

Imaginons qu’on vous demande de résoudre \( \ln(1 – x^2) = k \), où \( k \) est un nombre réel donné. La démarche est systématique :

  1. Condition d’existence : On doit avoir \( 1 – x^2 > 0 \), donc \( |x| < 1 \).
  2. Utiliser l’exponentielle : L’équation est équivalente à \( 1 – x^2 = e^k \).
  3. Isoler x² : \( x^2 = 1 – e^k \).
  4. Condition de réalité : Pour avoir des solutions réelles, il faut \( 1 – e^k \ge 0 \), c’est-à-dire \( e^k \le 1 \) ou encore \( k \le 0 \).
  5. Résoudre : \( x = \pm \sqrt{1 – e^k} \).
  6. Vérifier le domaine : Comme \( k \le 0 \), on a \( 0 < e^k \le 1 \), donc \( 0 \le 1 – e^k < 1 \). Les racines sont bien dans ]-1, 1[. Si \( k = 0 \), la solution unique est \( x=0 \).

Une astuce « hors manuel » pour les calculatrices anciennes

Sur certaines calculatrices scientifiques anciennes ou basiques, la fonction ln peut être lente, ou vous voudrez peut-être éviter de la composer avec un carré. Pour \( |x| \) petit (disons < 0.3), utiliser les 2 ou 3 premiers termes de la série (\( -x^2 – x^4/2 \)) est souvent plus rapide et suffisamment précis pour de nombreux exercices. J’ai testé cela sur plusieurs modèles, et la différence de vitesse est palpable.

Cette vidéo explore des intégrales liées au logarithme, démontrant l’utilité pratique des développements en série et des changements de variables astucieux, des techniques directement applicables à notre fonction \( \ln(1-x^2) \).

📈 Représentation graphique rapide

Max (0,0) x → -1⁺ x → 1⁻

Schéma simplifié de la courbe : concave, avec un maximum en (0,0) et des branches infinies vers le bas aux bornes x = ±1.

Les pièges à éviter et vérifications finales

Avant de terminer, voici une check-list rapide pour ne pas se tromper :

  • Vérifier systématiquement le domaine \( |x| < 1 \) avant tout calcul. C’est l’erreur la plus fréquente.
  • Se souvenir de la concavité pour les tracés : la courbe est toujours en dessous de ses tangentes.
  • Pour les petites valeurs de x, préférer le développement en série pour des approximations efficaces.
  • Factoriser : \( \ln(1-x^2) = \ln(1-x) + \ln(1+x) \) peut simplifier certaines intégrations ou limites.
  • Ne pas confondre \( \ln(1 – x^2) \) avec \( \ln(1+x^2) \). Cette dernière est définie sur tout ℝ et a un comportement totalement différent (toujours positive, convexe).
Pourquoi ln(1-x²) n’est-il pas défini en x=1 ou x=-1 ?

Le logarithme népérien, noté ln, est défini uniquement pour des arguments strictement positifs. Lorsque x = 1 ou x = -1, l’expression à l’intérieur du logarithme devient \( 1 – 1^2 = 0 \). Or, \( \ln(0) \) n’est pas défini dans l’ensemble des nombres réels, car il n’existe aucun nombre réel dont l’exponentielle (base e) soit égale à zéro. La fonction tend vers -∞ lorsque x s’approche de ces valeurs, mais n’y est pas définie. Pour plus de détails sur les propriétés du logarithme, vous pouvez consulter la page Wikipédia dédiée : Logarithme népérien.

Comment démontrer que la dérivée de ln(1-x²) est -2x/(1-x²) ?

On utilise la règle de dérivation d’une fonction composée. On pose \( u(x) = 1 – x^2 \). Alors \( f(x) = \ln(u(x)) \). La dérivée de la fonction logarithme est \( (\ln(u))’ = u’/u \). Ici, \( u'(x) = -2x \). En appliquant la formule, on obtient directement \( f'(x) = \frac{-2x}{1 – x^2} \). Cette expression n’est valable que sur le domaine de définition de f, c’est-à-dire pour \( |x| < 1 \), ce qui assure que le dénominateur soit non nul. Une source académique détaillant ce type de calcul est disponible sur Dim-MathInnov.

À quoi sert le développement en série de ln(1-x²) ?

Le développement en série de Maclaurin \( \ln(1-x^2) = -x^2 – \frac{x^4}{2} – \frac{x^6}{3} – \dots \) a plusieurs applications pratiques. Il permet de calculer des valeurs approchées de la fonction lorsque x est petit sans utiliser directement la touche « ln » de la calculatrice, ce qui peut être plus rapide. Il est également indispensable en analyse pour évaluer des limites complexes de formes indéterminées ou pour intégrer terme à terme dans le cadre d’une série entière. En physique ou en ingénierie, cette forme polynomiale est souvent plus facile à manipuler dans les calculs symboliques que la forme logarithmique originale. Un document universitaire listant ce développement est accessible ici : Développements en série usuels (PDF).

Peut-on intégrer la fonction ln(1-x²) ?

Oui, l’intégrale de \( \ln(1-x^2) \) sur son domaine peut être calculée, par exemple en utilisant une intégration par parties ou en exploitant la factorisation \( \ln(1-x^2) = \ln(1-x) + \ln(1+x) \). Cela conduit à des expressions faisant intervenir des fonctions spéciales comme le logarithme intégral ou, pour des intégrales définies sur [0,1[, à des résultats impliquant la constante \( \ln(2) \). Par exemple, \( \int_0^1 \frac{\ln(1+x)}{1+x^2} dx = \frac{\pi}{8} \ln 2 \), comme démontré dans certaines vidéos spécialisées. Pour une exploration visuelle de telles intégrales, cette vidéo est une bonne ressource : Vidéo YouTube sur une intégrale avec ln(1+x).

Quelle est la différence entre ln(1-x²) et ln(1+x²) ?

Ces deux fonctions sont radicalement différentes. **ln(1-x²)** : Domaine = ]-1, 1[, fonction concave, négative (sauf en 0), tend vers -∞ aux bornes. **ln(1+x²)** : Domaine = ℝ tout entier (car 1+x² > 0 toujours), fonction convexe, toujours positive ou nulle (nulle en 0), et tend vers +∞ quand x → ±∞. Leurs dérivées diffèrent aussi : pour ln(1-x²), c’est \( -2x/(1-x^2) \) ; pour ln(1+x²), c’est \( 2x/(1+x^2) \). Il est crucial de ne pas les confondre, car cela changerait complètement la nature d’un problème. Un exercice en ligne illustrant les propriétés générales du logarithme peut aider à distinguer ces cas : Exercices sur le logarithme népérien.

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